La première sortie de L’Étale, le doris de Jean-Léon Deschênes, co-fondateur de la CPICIV

Hélène Deschênes

Une narration de sa fille Hélène, aidée par ses frères Marc et Gabriel pour les aspects techniques.

Ça se passe en 1980, tout juste après l’avortement du pays Québec.

J’ai eu 21 ans en avril et pour la première fois, je m’implique socialement. J’étais là au Centre Paul-Sauvé et j’ai pleuré avec les milliers d’autres Québécois présents à ces funérailles nationales.

J’habite derrière la prison Parthenais et mon quartier sent la peinture de « char » qui émane du garage clandestin qui donne sur notre cour arrière.

J’ai les deux pieds dans la même bottine. Je commence à peine à me rendre compte que je peux marcher toute seule.

Je suis partie très jeune de la maison, mon couple bat de l’aile et dans un geste d’indépendance où j’ai investi toutes mes économies, j’arrive d’un voyage en Espagne où je suis allée parfaire mon espagnol pendant un mois avec un groupe de « Tabarnacos » lâchés lousse dans Valencia, España. Mes parents viennent légalement de se séparer même s’ils le sont depuis 1978.

Depuis quatre étés, mon Jean-Léon de père, prof de sculpture au Cégep, travaille à construire son embarcation inspirée du doris de Saint-Pierre-et-Miquelon, un modèle fortement conseillé par ses amis artistes, qui rêvent aussi de navigation. Un bateau de type chaland ne l’aurait pas contenté, car notre futur navigateur avait l’intention de faire des balades au large du fleuve. Le doris a la particularité d’épouser les plus grosses vagues, mais de ne jamais renverser. Par contre, il tangue tellement que ses occupants ont plus de chances d’en être expulsés que de chavirer! Jean-Léon est enfermé

1980 – Attaché au quai délabré de Port-au-Persil
Crédit photo : Jean-Léon Deschênes

fière de ses huit essences de bois et de son revêtement entièrement scellé à la résine époxy, une colle étanche qui fera ses preuves durant les décennies suivantes. Mon père abuse de l’époxy au point où nous le surnommons gentiment « Monsieur Époxy ». Il en met partout.

L’été passe, mon père est déçu : ses fils ne veulent ou ne peuvent pas l’accompagner sur le fleuve jusqu’à l’île pour ce baptême naval. Notre relation père-fille est maladroite, mais je lui propose tout de même timidement de l’accompagner avec mon chum (qui n’a aucunement le pied marin). Jean-Léon accepte cet « équipage » de misère sans grand enthousiasme.

Jean-Léon a ajouté une cabine sur le doris avec des écoutilles, et deux banquettes de lattes de bois pour dormir à l’intérieur. Nous naviguerons à la barre à l’aide d’un gouvernail que l’on peut relever afin d’échouer le bateau sur une plage. Le moteur est un Volvo Penta à un cylindre, alimenté au diesel. L’hélice est rétractable, car elle est montée sur un axe de transmission, un shaft, muni d’un joint universel, qui brisera souvent par la suite. Comme pour le gouvernail, cet axe de transmission permet de remonter l’hélice complètement dans sa boîte afin d’échouer le bateau sur une surface plane. C’est l’autre raison pour laquelle mon père a choisi ce modèle d’embarcation de pêcheurs à fond plat : pour transporter directement ses matériaux dans l’Anse-à-la-baleine en vue de commencer son projet de construction au nord, sur le terrain acheté en 1976.

Début août, Jean-Léon fait livrer le bateau par camion jusqu’à un quai de Noyan. L’Étale, cette sculpture flottante fraîchement peinte, attire déjà les regards. Plusieurs gadgets de navigation ne sont pas encore posés lorsque nous embarquons pour l’aventure.

Nous avons les cartes marines, une petite radio à ondes courtes pour capter la météo de la Garde côtière, des barils d’outils, des ceintures de sauvetage, un peu de vêtements, un baril de plastique bleu rempli de noix, des bouteilles d’eau, une trousse de secours et l’intention de manger et dormir à quai dans les différentes marinas. Le strict minimum, quoi.

Encore tout fébriles et gauches dans nos déplacements sur le bateau (nous sommes trois et le doris est une coquille qui flotte en surface et oscille aux moindres mouvements de ses occupants), à peine avons-nous fait quelques kilomètres sur le Richelieu que nous traversons un nuage de guêpes. Mon copain et moi avons les jambes couvertes de piqûres et « souffrons le martyre ». Nous sommes obligés de faire un premier arrêt à la marina de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix pour nous soigner. Ce ne sera que le début d’une série de pépins, mais aussi de belles rencontres. Ce voyage qui devait se faire en 4 ou 5 jours prendra deux semaines. L’Étale, qui signifie le moment tranquille, la pause entre deux marées, ne porte pas encore bien son nom au moment de cette première expédition.

Les jours suivants, couverts de calamine, et à mesure que nos plaies guérissent, nous remontons près d’une dizaine d’écluses jusqu’à Sorel. Notre arrêt à un quai public après le bassin Chambly est notre première belle soirée. Pour des moussaillons débutants, nous sommes devenus bons avec les câbles et les bouées qui servent à accoster près des quais ou dans les écluses. Les curieux admirent ce bateau d’artiste et nous retrouvons une certaine fierté d’être aussi originaux et aventuriers. Notre moral prend du mieux à mesure que pout pout pout pout pout pout… nous glissons sur le Richelieu entre les yachts de plaisance et les chaloupes de pêcheurs.

1980 – Marina de Noyan. Crédit photo : D. St-Laurent

à Noyan dans son « abri » à suer sur son projet qu’il tente d’achever pour se rendre via le Richelieu jusqu’à l’île Verte avant la fin du mois d’août 1980. Il a fait un croquis de taille réelle sur le mur et cela lui sert de plan pour prendre ses mesures. Il a également fait une maquette de 27 pouces (un pouce au pied) pour se repérer. Aussi, il suit des cours de navigation en attendant la mise à l’eau.

Mes frères sont allés tour à tour lui prêter main forte. Alors, je lui offre de l’aider à peindre son bateau. Ça, je suis capable de le faire. Il fait au moins 30 humides degrés dans l’abri. Couchée inconfortablement sur les membranes au fond du boat, comme on le qualifie déjà, je recouvre à la peinture à l’huile les angles de cette coque

Années 1990 – Le « capitaine » Jean-Léon
Crédit photo : Famille Deschênes

Mon père qui en est à sa première sortie avec son doris tout neuf a jadis piloté des avions; il m’apprend à lire les cartes marines. J’aime cette géographie sous l’eau. Je visualise assez bien le fond. J’assimile les symboles. Mon regard prend le large et je me mets spontanément à voir de plus en plus loin pour « prévoir » ce qui s’en vient et ce qui nous attendra sur le fleuve. Le fleuve Saint-Laurent. J’en tremble déjà. Je sens l’urgence de maîtriser la lecture des cartes marines au plus vite, et je réclame que toutes nos lumières soient posées, avant de sortir du port de Sorel pour s’élancer sur le lac Saint-Pierre!

À Sorel, j’ai vraiment « la chienne » quand nous nous déplaçons entre les cargos à l’ancre jusqu’à la marina. Jean-Léon pose les lumières manquantes principales pour être vu en cas de brume ou de noirceur. Nous avons dormi à Sorel, puis nous sommes sortis du



port et nous avons pout pout pout pout pout avancé sur le lac Saint- Pierre avec un certain plaisir parce que oui, c’était encore relativement paisible. J’apprends à repérer les balises, les clochers, pour me situer sur la carte. Je mémorise les courbes du paysage au loin. Nous nous habituons à naviguer dans le chenal pas trop près des cargos. Je commence à m’amuser, je maîtrise mieux la barre et les réactions du doris.

Soudain, le moteur tousse, tousse encore et s’éteint subitement, brisant du même coup notre frêle assurance de marins amateurs. Un cargo s’en vient droit devant et il faudrait bien lui céder le passage! Sauf que pour dégager la voie, il faut que la poussée du moteur agisse sur le gouvernail. Le moteur repart une fois ou deux donnant à peine la poussée qu’il faut pour se tasser du chemin. À coups de pagaie de secours et de perche, nous arrivons à nous mettre à droite du cargo le temps qu’il passe. Dieu qu’il est passé proche et qu’il m’a paru géant et fantomatique. Le lac grondait sous le bruit sourd de ses machines. J’avais arrêté de respirer.

Nous avons passé plusieurs heures à l’ancre en dehors du chenal, question de comprendre ce qui arrivait. Nous avons saigné le moteur. Nous avons pu repartir. Quand nous avons atteint Trois-Rivières, ce jour-là, mon copain a décidé de retourner à Montréal. Il n’avait pas envie de continuer. Je me suis retrouvée seule avec Jean-Léon pour la suite du voyage. Quand nous nous sommes arrêtés à une marina ce même soir vers 21 h, nous sommes allés sous la pluie battante directement au restaurant. Nous étions affamés. Nous nous sommes assis dans un coin loin des autres pour ne pas leur faire peur. Toute trempée, j’empestais le diesel, mon coton ouaté avait reçu la pisse de diesel parce que c’était moi qui tenais le bouchon lors des saignements de moteur et ma lasagne goûtait le diesel elle aussi parce que j’en avais probablement sur les lèvres. Nous avons pris notre douche, lavé nos vêtements et je suis tombée morte de fatigue sur la banquette étroite de L’Étale, en me disant que jamais je n’oublierais cette première journée sur le fleuve.

De Trois-Rivières à Québec, nous avons eu plusieurs pannes. Nous avons fini par comprendre que Jean-Léon avait placé son réservoir de diesel trop haut près du gouvernail. Alors, quand le niveau de carburant descendait sous une certaine quantité, l’air et le brassage formaient des bulles qui s’engouffraient dans le tuyau qui mène le diesel au moteur et pof! il s’arrêtait après quelques hoquets. Donc, pour avancer, il fallait garder le réservoir rempli au deux tiers et au besoin saigner le moteur.

Au moment de quitter Québec en longeant l’île d’Orléans, je savais que nous allions dans le chenal du nord, là où il peut y avoir jusqu’à 300 mètres de profondeur au niveau de l’estuaire, et que nous devions suivre ce chenal sans nous éloigner de la côte pour éviter de rencontrer les cargos. Il y a un chenal au sud, mais l’accessibilité aux ports est limitée par les marées qui assèchent le fleuve.

Quand nous nous sommes arrêtés au premier quai de l’île d’Orléans, nous avons constaté le bris d’une pièce de moteur ou de l’hélice, je ne me rappelle plus. Jean-Léon a fait des appels, commandé la pièce et m’a laissée seule deux jours entiers pour partir sur le pouce chercher la pièce qui arriverait à Québec.


2001 – Sur la grève
Crédit photo : Famille Deschênes

Bref, nous avons perdu trois jours à ce quai. Je m’emmerdais ferme et je commençais à avoir hâte de m’en aller. J’étudiais les cartes marines, j’observais les touristes en mangeant des noix et des sandwichs. Je lisais, faisais la sieste. Finalement, nous sommes partis en direction du deuxième quai pour gazer à ras bord le réservoir et les bidons. Sauf que Jean- Léon a pris une mauvaise décision. Il a descendu l’échelle de ce quai en mauvais état, d’une seule main en tenant les bidons vides de l’autre. Il est tombé entre le bateau et le quai. Il est sorti de là péniblement, tout mouillé et humilié, mais au grand soulagement des badauds. Il a fait remplir les bidons, payé les pompistes et c’est à partir de ce moment que je suis devenue le capitaine, parce que Jean-Léon avait perdu ses lunettes neuves en tombant dans l’eau et qu’il ne pouvait plus lire une carte. Du même coup, il m’a paru plus humain, mon paternel.

Il était déjà près de 16 h, le vent montait et j’ai pris la sage décision de ne partir que le lendemain. Nous sommes allés manger au camping non loin du quai. Nous avons discuté. Jean-Léon était bien penaud et ne comprenait pas son geste imprudent. Il m’a dit : « Si j’avais vu un de mes fils faire ça, je l’aurais engueulé. »

Nous aurions pu tout abandonner. Mais, désormais conquise par le fleuve et résolue à me rendre à l’île, je me suis sentie devenir une adulte pour vrai. Comme dans un film de Disney, nos rôles avaient basculé à cause des lunettes perdues. Je me déplaçais maintenant avec aisance, tel un singe sur ce bateau. J’avais appris à sauter sur les quais, grimper les échelles mal entretenues, faire des noeuds, mesurer d’où venait le vent, sonder le fond avec la grande perche, bref, j’avais très peur du fleuve, mais j’avais envie de réussir cette expédition coûte que coûte. J’avais envie de pouvoir dire : « J’ai descendu ce fleuve avec mon Jean-Léon de père. »


2005 – Dans les rosiers sauvages (églantiers)
Crédit photo : Hélène Deschênes


À ce stade, nous ne naviguions que durant l’étale et la marée descendante pour profiter du courant. Donc, nous suivions les marées… et la météo. Se lever tôt, se mettre à l’ancre durant la montée des eaux, rajuster les cordages, faire la sieste, attendre… Au nord, c’était du sérieux. Le vent de face était notre pire ennemi. Entre l’île d’Orléans et Baie-Saint-Paul, pour dormir, nous avons dû mouiller le bateau sur le bord du fleuve parce qu’il n’y avait pas de marina : que du roc et des conifères. Je dormais d’un oeil, j’écoutais le bruit des cailloux qui frappaient la chaîne de l’ancre accrochée au fond. Ma hantise : décrocher du fond et dériver jusqu’au milieu du chenal où pas un cargo ne nous aurait vus assez vite pour nous éviter. Évidemment, l’ancre s’est décrochée à deux ou trois reprises! Je n’entendais plus le bruit des cailloux; donc, cela voulait dire que nous dérivions avec une ancre qui pendait au-dessus d’un abîme d’eau! Vite! Je réveillais Jean-Léon, nous redémarrions le moteur et pout pout pout nous nous rapprochions de la côte et nous jetions l’ancre jusqu’à ce qu’elle accroche le fond et que le bruit des cailloux reprenne. Le lendemain, après une nuit sans sommeil, je crois bien que nous avons fait un arrêt à Baie-Saint-Paul. Puis, à Pointe-au-Pic nous avons rencontré un gentil vieux monsieur qui nous a amenés manger chez lui avec sa femme. Le lendemain matin, si je me rappelle bien, il nous a aidés à faire des courses en jouant au taxi pour nous.

Prochain arrêt, Port-au-Persil. Nous arrivons en fin de journée, nous sommes allés manger dans un petit hôtel des années 1940 figé dans le temps. Soupe en canne, légumes en canne, viande sans goût, sauce insipide, un peu plus et nous mourions d’ennui dans cet endroit poussiéreux. Revenus au bateau, la brume s’installe; nous entendions les cris et les plaintes qui nous parvenaient de l’asile de fous situé juste à côté du quai fédéral en décomposition où nous


étions attachés, au fond de cette petite baie à l’abri des grosses vagues. Ça faisait Stephen King comme ambiance. Durant la nuit, je m’aperçois que le bateau ne berce plus; donc, l’eau est descendue et les câbles sont étirés au maximum. Mais sur quoi sommes-nous accotés ? Une seule roche? Deux roches? Il faut donner du lousse aux câbles, mais allons-nous renverser? Je me lève. Je marche doucement en vérifiant la stabilité du bateau. Dehors, la brume est si dense que je ne vois pas le bout du boat. Je réveille Jean-Léon, il m’aide à donner du lousse à nos attaches. Le bateau ne bouge pas; donc, il est probablement sur le fond. Le lendemain matin, nous constatons que L’Étale est déposé sur quatre roches aux quatre coins du bateau. Nous allons être coincés durant quatre jours de brume intense à Port-au-Persil. On ne voit rien à un mètre. Nous sommes dans un nuage. Nous avons rencontré plusieurs habitants, visité la fabrique de poterie, fait connaissance avec un collègue de Cégep de Jean-Léon et sa famille qui se trouvaient là en vacances (le monde est petit!). Aussi, les voisins du quai, un gentil couple anglophone, nous ont reçus à souper, déjeuner et coucher, un jour ou deux… c’est un peu « vague ». Je crois que mutuellement, nous avions besoin de chaleur humaine avec toute cette brume. Je me suis juré qu’un jour je reviendrais acheter leur maison si pittoresque. J’avais le sentiment « d’être » dans un tableau de maître.

Finalement, nous quittons Port-au-Persil. J’ai eu le temps de tomber en amour avec ce petit village tout en collines avec une vue splendide sur le fleuve et des habitants originaux.

Il y a encore de la brume, mais j’arrive à me repérer; il faut traverser le fleuve au complet vers le sud, longer l’Île-aux-Lièvres et nous diriger au sud de l’île Verte. Juste avant l’Île-aux-Lièvres, nous voguons une bonne demi-heure sur les i et les u : un genre de va-



gues qui sautent avec des pointes verticales. Hop, hop, hop, là, j’ai eu le mal de mer pour la première fois. Puis, cette épreuve passée, nous nous sommes rendus jusqu’à la pointe du Bout-d’en-Haut de l’île Verte pour attendre trois heures à l’ancre que l’eau remonte. Un petit phoque nous a tenu compagnie. Nous y étions presque. Nous sommes ensuite passés devant chez Claude Daoust en saluant avec de grands gestes joyeux. Nous sommes enfin arrivés! Nous avons laissé L’Étale dans une petite baie chez un voisin. Ils sont venus nous chercher en chaloupe pour nous amener au bord.

Nous avions réussi notre « exploit ». L’Étale et son équipage réduit étaient arrivés à l’île sains et saufs, deux semaines après le départ de Noyan. Nous avions la tête remplie de paysages marins, d’immensité, de moments de frayeur et de gens sympathiques. J’avais tellement le pied marin que j’ai titubé pendant au moins deux jours en marchant sur la terre ferme. Je sentais le bercement dès que je me mettais debout.

Par la suite, en beaucoup moins de temps cette fois, mes frères ont fait le voyage de retour jusqu’à la marina de Longueuil pour que L’Étale y passe l’hiver. Ils ont bénéficié de nos apprentissages acquis lors du premier voyage. Puis, L’Étale a séjourné chez Raoul Dionne, ou au quai de l’île. Le doris a servi à transporter des matériaux et faire quelques sorties en mer pour le plaisir. Puis, quelques années après l’arrivée de La Richardière, le premier traversier, nous l’avons installé devant chez nous avec vue sur le large. Un lit de roses sauvages s’est formé autour de lui et les visiteurs en profitent depuis pour le photographier dans tous les sens. L’Étale s’est retrouvé sur plusieurs dépliants touristiques et même des signets de livre.


L’Étale. La construction a débuté il y a maintenant 40 ans. Mais pour moi, ce voyage sur le fleuve m’a fait découvrir le côté maritime du Québec dans toute sa puissance et sa grandeur. Il représente également le début de ma vie d’adulte, un beau rapprochement complice avec Jean- Léon, et le souvenir d’un grand « exploit » pour une jeune femme de ma génération. Je n’en suis pas peu fière, vous vous en doutez bien. Parce que ce doris n’avait pas la vitesse d’un yacht ou la précision et le moteur d’un voilier. C’était un pout pout ben bô avec une barre en bois et un équipage débutant.

Bientôt, nous redonnerons certainement un coup de pinceau à ce bateau, si solide qu’il sera encore bien droit durant au moins les prochaines quarante années.

S’cusez-là!

©Hélène Deschênes, 27 décembre 2016, date d’anniversaire de naissance de Jean-Léon.

Lien vers le doris : https://fr.wikipedia.org/wiki/Doris_(bateau)

Mars 2016
Crédit photo : Denis Michaud

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