Une île et des ailes

Michel Lesage

Quand on laisse traîner son regard sur l’île, on y récolte de multiples taches de couleurs changeantes, les ciels grandioses, les perspectives à couper le souffle, des étendues de fleurs, les chanterelles tapies dans les sous-bois, les sons de la mer, les herbes odorantes. Le mouvement est partout : cimes des arbres secouées dans le vent, marées aussi constantes que les phases de la lune, souffles et dos de baleines furtifs, nez de phoques palpitants. Et, omniprésent, le vol des oiseaux. L’île Verte est un paradis pour les oiseaux. Elle offre, sur quelques kilomètres carrés, une variété exceptionnelle d’habitats, tout en étant protégée des grands froids d’hiver par l’effet régulateur du fleuve. On y retrouve des bords de mer, prairies, marais, battures, étangs, boisés, lisières, bâtiments de ferme, etc. Eau salée et eau douce. Feuillus et résineux. Forêts jeunes, matures et surannées. Prairies fauchées et friches. En fait, les oiseaux attirent notre regard sur la richesse du milieu que nous avons la chance d’observer et de côtoyer. Ils nous offrent l’occasion de mieux comprendre, interpréter
et apprécier l’extraordinaire coin de pays que constitue l’île. Et, souhaitons-le, le goût de l’aménager pour en préserver et cultiver la beauté et la biodiversité.
C’est d’ailleurs ce qui nous motive avant tout à mettre en branle le projet « oiseau » auquel nous cogitons. En plus de favoriser l’observation d’oiseaux à la fois beaux et fascinants, c’est avant tout la possibilité de réaliser un projet qui permet à la population de l’île comme à ses visiteurs de prendre part à sa découverte, à sa préservation et à son aménagement qui nous mobilise. Et à notre connaissance, personne ne s’est encore réellement intéressé aux oiseaux de l’île, pourtant maillons essentiels et omniprésents de son écologie. Nous observons chaque jour leur vol, leur chasse, leurs cris, leurs ébats, mais nous les connaissons peu. Ils vont et viennent sur

Mésange. Crédit photo : Gilbert Delage

Jaseur d’amérique. Crédit photo : Gilbert Delage

l’île, au gré des saisons, et y nichent en grand nombre. L’île ne recèle pas d’espèces uniques; sa distinction réside dans le fait qu’elle accueille
la très grande majorité des espèces observées au Québec et que sa superficie restreinte permet d’en envisager l’aménagement pour permettre la venue et la reproduction des oiseaux. Et pourquoi
pas celle d’espèces rares ou menacées?
Nous voilà donc, à quatre, réunis autour d’une table de cuisine, par un beau mercredi après-midi ensoleillé du mois d’août, à réfléchir à ce que pourrait être ce projet « oiseau ». On commence par faire le tour de ce qui existe déjà, des ouvrages publiés sur les oiseaux du Québec, des nombreux clubs qui s’intéressent à la faune ailée, dont plusieurs connaissent et visitent l’île Verte à l’occasion, des outils maintenant disponibles sur Internet ou pour les téléphones intelligents. L’ornithologie, c’est un monde foisonnant, peuplés de mordus passionnés et d’amateurs occasionnels, de randonneurs, d’observateurs de leur environnement immédiat et de grands voyageurs à la recherche de l’oiseau rare, de photographes patients et curieux, de naturalistes minutieux et d’artistes avides de couleurs et de beauté.
Et surtout, on se demande ce qui pourra être fait, concrètement et réalistement. Il nous semble que trois types d’actions pourront se mettre en branle au fil des années, avec un niveau croissant de participation de la part des habitants et des visiteurs de l’île :

Découverte et connaissance.
Le but serait de faire connaître la richesse de la faune ailée de l’île et la contribution qu’elle apporte à son écologie. On peut par exemple imaginer des articles dans L’Insulaire, des conférences et des projections de films, des activités d’animation pour les jeunes et moins jeunes à la bibliothèque, des visites thématiques du Musée du squelette, des concours de photos ou de dessins, etc.

Contact sur le terrain.
L’idée serait d’entrer en contact avec les oiseaux, de les observer dans leur habitat, de vivre une expérience plus immersive. On peut penser ici à des excursions guidées dans divers habitats, à l’organisation d’événements lors des migrations de printemps et d’automne, à la préparation d’un répertoire des oiseaux de l’île sur quatre saisons, au suivi de certaines espèces ciblées en raison de leur intérêt particulier ou de leur statut d’espèce rare ou menacée, à la création d’un réseau d’observateurs et à la consignation de leurs observations.

Aménagement de l’habitat.
L’objectif visé ici serait de favoriser, par des gestes concrets, le maintien, la venue et la reproduction de certaines espèces d’oiseaux sur l’île. On peut penser à la construction de nichoirs (pourquoi pas un concours?), à des plantations d’arbres ou d’arbustes, à la réalisation de travaux d’aménagement d’habitats, au maintien de certains habitats clés.

Chouette rayée. Crédit photo : Gilbert Delage

Bécasseaux. Crédit photo : Gilbert Delage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous n’en sommes encore qu’à l’exploration des idées et des possibilités. Il nous faudra encore quelques rencontres pour préciser nos intentions et en mesurer la faisabilité. Question de lancer le projet, prudemment et sûrement. Cette réflexion nous amène évidemment à réaliser que nous ne pourrons pas tout faire à quatre, encore moins avoir toutes les bonnes idées. Il nous faudra de l’aide pour faire de ce projet une réussite. En fait, nous espérons que vous serez nombreux à manifester votre intérêt et à y apporter votre contribution, petite ou grande. Chose certaine, nous nous mettons au travail pour proposer quelques activités dès l’an prochain; surveillez L’Insulaire du printemps pour plus de détails. En attendant, nous vous proposons un premier article sur le merle bleu, visiteur convoité quoique furtif de l’île.

D’ici le printemps prochain, si le coeur vous en dit, merci de manifester votre intérêt à prendre part à ce projet en émergence, en contactant Gilbert Delage (418-868-8524), Luce Provencher (819-371-7864), Michel Lesage (581-999-1396) ou Marie-Hélène Gagné (418-955-0583).

4 commentaires. Laisser un commentaire

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Lise Pelletier
18 février 2017 3:58

Bonjour!
Quel projet merveilleux! Je suis intéressée par ce projet, comme observatrice d’oiseaux, mais aussi comme vice-présidente du Club d’ornithologie du Bas-St-Laurent (COBSL). Je suis responsable de la programmation des activités pour les membres. Ne pourrions-nous pas échanger dans le but d’organiser une sortie pour les membres sur votre belle île, à un moment de votre choix, au printemps, en automne…. Vous pourriez nous guider vers vos découvertes.
J’aimerais aussi contribuer au développement de vos activités si vous m’acceptiez parmi vous.
Je demeure au village de L’Isle-Verte. Tél: 581-648-8100. Courriel: pelletierjlise11@hotmail.com.
Au plaisir, Lise

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Vous pouvez devenir membre honoraire de la CPICIV en remplissant le formulaire d’adhésion à l’adresse suivante : Formulaire d’adhésion

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Linda Castilloux
19 février 2017 10:24

J’ai tout simplement envie de vous dire que c’est une très bonne idée. Je ne suis pas de votre région mais j’ai l’intention d’aller visiter l’Ile verte pour l’ornithologie. Votre club d’ornithologie pourrait sûrement vous conseiller et répertorier les oiseaux chez-vous.
J’ai hâte de voir vos réalisations. Bravo !

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